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Un thé de saison : le champignon !

L'automne approchant à grands pas, je ne résiste pas au plaisir de vous présenter un champignon ... de thé !

Cet objet pour le moins insolite n'a pourtant rien à voir avec un cèpe ou une girolle, il s'agit bien de feuilles de thé compressées sous la forme d'un champignon.

 

Ce champignon fait partie d'une famille de thés chinois assez particulière, les pu-erh (appelés ainsi en référence à la ville de Pu'er, dans la province chinoise du Yunnan). Ce sont des thés post-fermentés qui, contrairement aux autres thés qui doivent être consommés rapidement après leur récolte, peuvent être conservés plusieurs décennies. En vieillissant, pour peu que les conditions de stockage soient favorables, les pu-erh s'affinent, deviennent plus doux, et acquièrent une saveur terreuse, boisée et épicée.

Le pu-erh fait partie intégrante de la médecine traditionnelle chinoise et a la réputation d'être un thé "mange-graisse", prescrit pour réduire le cholestérol, faciliter la digestion ou perdre quelques kilos. En occident, on retrouve les pu-erh en grande surface sous les appellations TuoCha ou Yunnan, mais ces sachet n'ont pas grand chose à voire avec de véritables feuilles de pu-erh compressées.

En dehors de ces considérations médicinales, les pu-erh ont des qualités gustatives exceptionnelles et tout à fait fascinantes.

Ce pu-erh est compressé en forme de champignon pour des raisons historiques : c'est ainsi qu'était conditionné le thé chinois destiné à être exporté au Tibet. Le pu-erh peut être également compressé en forme de briques, de galettes, de carrés, de nids d'oiseau, ou de melon. La forme du produit fini importe cependant beaucoup moins que le matériau initial : les feuilles de thé.

Ce champignon (jincha) est un pu-erh 2008 de la firme XiaGuan, il s'agit ici du haut de gamme de ce producteur qui, comme beaucoup d'autres en Chine, fabrique des quantités industrielles de très mauvais thés destinés à l'export et à la consommation chinoise. D'où l'importance, pour acquérir un bon pu-erh (et un bon thé de façon plus générale), de s'approvisionner auprès d'un fournisseur de confiance qui aura pris soin de sélectionner pour sa boutique quelques thés dont il connaît la provenance.

Nous avons donc sous les yeux ce champignon de 250g, constitué de feuilles de thé très compactes qu'il va falloir infuser.

Mais avant cela, approchons un peu le nez de ce champignon : l'odeur qui s'en dégage est relativement puissante, on retrouve des arômes boisés (bois secs et parfumés, presque du santal), épicés, de musc, le tout dans une atmosphère assez fraîche. A vrai dire, c'est une odeur caractéristique de jeune pu-erh.


 

Pour en extraire un morceau, il faut utiliser un outil : couteau, poinçon, ou autre outil à disposition. L'objectif est de prélever un petit bloc de thé dans trop casser de feuilles ni réduire le tout en poussière. Pour ce champignon très compressé cela n'est pas gagné d'avance, mais l'exercice est beaucoup plus facile sur la grande majorité des pu-erh.

Ce champignon étant très dense, il n'en faut que quelques grammes pour réaliser une infusion aux arômes très puissants : les feuilles vont se déplier et se dérouler au fur et à mesure du contact avec l'eau et vont libérer leurs parfums sans tarder.

J'utilise un zhong (ustensile chinois en porcelaine constitué d'un couvercle, d'un bol et d'une soucoupe) pour préparer ce thé.

Tout d'abord, un bref passage d'eau très chaude sur le thé va permettre de rincer les feuilles. Cette première infusion ne sera pas consommée.

Ensuite, il suffit de remettre de l'eau dans le zhong, attendre quelques secondes, verser dans la tasse en filtrant avec couvercle, et déguster ! Au fil des infusions, en allongeant leurs durées, la belle liqueur cuivrée offre un arrière-goût très long et plaisant, remplit la fosse nasale de parfums enivrants, et titille les papilles avec une légère astringence qui accompagne de somptueux arômes.

Ce pu-erh est extrêmement endurant : il faut plus d'une quinzaine d'infusions successives pour parvenir à épuiser les arômes des feuilles. Avec quelques grammes de thé seulement, ce sont donc une quinzaine de tasses qui s'offrent au dégustateur.

Comme toujours dans le domaine du thé, il ne faut pas hésiter à faire plusieurs essais : varier les thés, les températures et les durées d'infusion, les dosages, etc... Il y a une infinité de combinaisons, et vous serez surpris de trouver très rapidement votre bonheur. Utilisez vos papilles, votre nez, vos yeux pour faire connaissance avec vos thés, et surtout, prenez du plaisir !

[Précision : ce pu-erh est un pu-erh dit "cru", par opposition aux pu-erh "cuits" auxquels on a fait subir une fermentation artificielle de manière à imiter un long vieillissement. Ce champignon de thé pu-erh cru vieillira donc de façon naturelle au fil des ans. Il est très bon à boire tout de suite, et il sera intéressant de suivre son évolution au fur et à mesure de sa maturation.]

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Commentaires  

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bonjour
je viens de recevoir d'une amie une boite de 6 petits champignons numérotées 1 2 3 4 5 8 ....logés dans une boite de 14 cm par 8 cm
comment les utiliser? un champignon pour une tasse? un pour une théière?
remerciements
lagarde posté le 19-01-2012 15:47 Citer | Signaler à l’administrateur

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