La bonne méthode pour manger un demi-pamplemousse !

Voilà le petit-déjeuner classiquement recommandé par les magazines à leurs lectrices pour les aider à "perdre 3.kg avant le maillot".
Je ne sais plus dans quel magazine j'ai découpé l'extrait ci-dessus [edit : si, j'ai retrouvé, c'est dans Femme Actuelle, n° 923], mais en tout cas l'illustration correspond à la façon dont tout le monde mange le pamplemousse au petit-déjeuner.
On coupe le pamplemousse en deux dans la transversale, puis on tranche la chair sur tout le pourtour avec un couteau incurvé "spécial pamplemousse" (moi je n'aime pas assez le pamplemousse au petit-déjeuner pour m'être acheté un couteau spécial, alors j'utilise un couteau normal) :

Ensuite, il reste à décoller au couteau chaque segment de chair. Tâche abominablement fastidieuse, à mon sens :

Tout cela pour récupérer... ces horribles petits morceaux aqueux, archi mous, sans texture :

C'est minable, enfin !...
N'est-ce pas ???
Si vous n'en êtes pas d'ores et déjà convaincu(e), je vous certifie que vous vous rendrez compte que j'ai raison, rien qu'en voyant le pamplemousse "à ma façon" que je vous présenterai un peu plus loin

Regardez-moi ça ! Quand même, c'est une honte d'esquinter un fruit de cette façon-là !
Tout est écorché, ça n'a pas de forme, pas de relief, pas d'intérêt.

Et quand je vois tout ce jus qui a quitté la pulpe ! Au lieu d'exploser sous votre dent, le jus se répand partout et on doit le récupérer comme on peut avec notre cuillère. Moi, je vous soutiens que ce procédé est un pur scandale gastronomique.
Passons donc à ma spécialité : le pamplemousse déshabillé avec délicatesse.
Pour commencer, je ne le coupe pas dans le même sens, c'est-à-dire pas dans le sens transversal. Je le coupe aussi en deux mais à la verticale.

Puis je l'épluche :

Et ensuite, il n'y a plus qu'à décoller la chair de la peau en s'aidant d'un couteau, puis à prélever délicatement le quartier avec les doigts
Appliquez-vous un peu plus que moi ! Tenez, là, je le fais un peu mieux, l'idée étant de garder le quartier entier :

Bon, je sais, ce n'est pas encore tout à fait ça... Mais tenez, voici ce que ça donne quand je m'applique :

Ces quartiers-là, je peux vous dire que leur contact sur la langue donne une superbe sensation. Si en plus le pamplemousse est bon (c'était le cas de celui-là), cela devient un encas de choix — rien à voir avec ces fameux "encas de régime", du bâtonnet de légume cru au yaourt à 0 %, qu'on ne peut plus voir en peinture dès le troisième jour.
J'ai essayé cette façon de faire tout récemment, quand ma voisine m'a dit : "Tenez, voulez-vous goûter un de ces pamplemousses que j'ai rapportés ce week-end ? Je ne sais pas s'ils sont bons mais je vous certifie qu'ils sont bio !"
De fait, il avait ce petit air irrésistiblement brut des fruits non traités qu'on a cueillis dans le verger familial : rien à voir avec les pamplemousses tout ronds et tout astiqués qu'on trouve dans le commerce.
Je l'ai mangé comme une orange, mais en enlevant toutes les peaux intérieures (qui étaient particulièrement épaisses) pour ne garder que la chair. C'était exquis, la pulpe était ferme et juteuse, et le goût était dix fois meilleur que dans mes lointains souvenirs de pamplemousses.
Cela m'a redonné goût aux pamplemousses. Celui que je vous montre aujourd'hui, je l'ai acheté chez Franprix. La chair aussi se tient très bien.
Petit conseil d'achat : j'ai cru remarquer que la chair est meillleure quand le pamplemousse a une extrémité supérieure (côté pédoncule) légèrement conique. Quand les pamplemousses sont bien ronds, la chair est sensiblement plus molle et le goût est moins intéressant (en tout cas, pour les deux que j'ai achetés récemment)
Regardez-moi ce relief : vous voyez tout de suite que vous allez éprouver une sensation intéressante en posant ceci sur votre langue ! Et l'explosion du jus quand vous croquez est vraiment jouissive.

Toutes ces minuscules saillies sont géniales sur la langue. Et là, le morceau que je vous montre ci-dessous provient pourtant du pamplemousse le plus mou que j'ai acheté

J'ai fait un test équitable : sur un pamplemousse pas terrible en soi, j'ai pu vérifier la différence d'agrément entre la méthode traditionnelle au couteau et la méthode de l'épluchage manuel.
L'écart entre les deux est énorme ! La partie coupée au couteau, je l'ai jetée tellement c'était nul. La partie non esquintée, je l'ai mangée avec plaisir.
Dorénavant, je rachèterai de temps à autre un pamplemousse pour mes petits encas. Et moi qui ne mangeais pas de fruits, ça m'apportera des vitamines cet hiver. Comme quoi, même sur le tard et sur les produits les plus simples, on fait toute sa vie des découvertes en cuisine ! Je vous prie aujourd'hui de me croire : un pamplemousse peut réellement apporter un plaisir inédit à celui ou celle qui n'avait jamais mangé ses pamplemousses qu'à la façon traditionnelle.
OK, le geste du déshabillage est un peu plus longuet, mais cela a ses avantages : comme cela vous prend plusieurs minutes, que ça vous occupe les mains et la bouche et que c'est très bon, cela fait un agréable goûter. A l'heure du thé, je ne dis plus non à un bon pamplemousse ! Et quand je l'ai terminé, je n'ai plus envie de rien, je suis contente. Cela fait partie des récentes découvertes qui font que je me suis enfin mise à mincir pour de bon, moi qui ai toujours été incapable de suivre un régime.







